Une analyse démographique de Brumath

Brumath — Portrait d’une ville à l’équilibre fragile

Une commune en trompe-l’œil : entre apparences et réalités préoccupantes Brumath est pourtant une commune au profil démographique équilibré. Ni trop grande, ni trop petite, elle réunit sur son territoire toutes les catégories d’âge, avec une répartition homogène entre enfants, actifs et seniors. Pourtant, derrière cette façade rassurante se cache une réalité bien moins reluisante : une population cloisonnée, des infrastructures (bâtiments, mobiliers urbains, trottoirs) vieillissantes et une municipalité incapable d’anticiper les besoins réels de ses habitants. Malgré une diversité générationnelle affichée, la ville peine à créer du lien, laissant chaque catégorie d’âge livrée à elle-même, avec de rares activités communes et pas de lieux communs. Il n’y a pas de vision cohérente pour l’avenir.

L’enfance — des offres minimales et peu réfléchies

La ville dispose de deux écoles maternelles et de trois écoles primaires et d’un collège. La continuité vers le lycée n’existe pas et oblige les élèves à s’exiler vers Haguenau ou Strasbourg. Sur les écoles de Brumath, certains constats reviennent régulièrement : des effectifs en hausse dans certaines écoles et en baisse dans certaines comme l’école primaire des remparts, des bâtiments à moderniser à l’école Schuman, et des déplacements scolaires parfois non-sécurisés – les déplacement se font à pied jusqu’au centre culturel pour le périscolaire de midi dans une structure non adapté à l’accueil des enfants. L’investissement des enseignants, des parents d’élèves et des associations permet heureusement de pallier, à ce stade, aux insuffisances constatés qui rendent la vie quotidienne difficile à gérer par les parents et les enfants.

L’offre d’accueils et de loisirs est souvent éloigné des lieux de vie et non adaptés aux besoins des familles. Les activités culturelles, musique, sport ne disposent pas toujours d’infrastructures adaptés et de créneaux suffisants.

L’enfance brumathoise devrait être un point fort du dynamisme local. Elle appelle une vigilance continue sur la qualité des infrastructures et la sécurité du quotidien.

L’adolescence — une génération fantôme, abandonnée à elle-même

Les adolescents sont nombreux à Brumath. Pas de lieux leur sont spécifiquement dédiés et les activités en dehors des structures encadrées restent limitées.

Le nombre d’adolescent qui est impliqués dans les clubs sportifs ou les associations culturelles est en baisse. L’absence de lycée présente une rupture très forte dans l’implication locale des jeunes.

Les jeunes adultes — une ville-dortoir

Beaucoup de jeunes quittent Brumath pour leurs études ou leurs premiers emplois, notamment à Strasbourg, Haguenau ou Saverne. Cependant, même si beaucoup gardent un lien fort avec la ville, ils s’installent dans des agglomérations plus attractives. La municipalité se contente de regarder partir ses forces vives. Pas de politique active pour répondre à la rareté des logements adaptés, ni de réponse

Les jeunes actifs soulignent les atouts du cadre de vie et la proximité avec les grands pôles d’emploi, mais regrettent la rareté des logements adaptés et le manque d’activités culturelles ou festives pour leur tranche d’âge. Brumath est perçue comme une ville trop « silencieuse » pour cette génération en quête de rythme et de partage.

Les actifs — le cœur économique et social

Les actifs constituent le ciment invisible de la ville : ce sont eux qui sont impliqués dans la vie locale. Le tissu associatif, les écoles et les événements festifs reposent largement sur leur engagement bénévole. Cette catégorie d’habitants allie attachement à la ville et recherche d’un équilibre entre travail, famille et loisirs, sans pour autant être reconnu et écouté par la municipalité.

Les tensions augmentent d’année en année. Travaillant majoritairement hors de la commune, avec les temps de trajet domicile-travail qui s’allongent (les bouchons du matin, midi et soir bloquent l’artère principale de la ville), la vie quotidienne est particulièrement stressante, les emplois locaux manquent et la fatigue s’accumule. Les actifs restent un pilier du dynamisme communal, mais ils ressentent une forme d’essoufflement.

Les seniors — le ciment social de la commune

Les Brumathois de 60 à 75 ans représentent une part importante de la population. Beaucoup sont installés de longue date, profondément attachés à leur quartier et à leurs habitudes. Leur rôle est central dans la transmission des savoirs, la mémoire collective et la convivialité locale.

Pourtant, ce sont les grands oubliés de la politique de la municipalité : isolement pour une partie d’entre eux, difficultés de mobilité à pied ou à vélo avec des trottoirs dangereux, inégalités soins et au numérique. Globalement, les seniors forment un groupe moteur, encore très présent dans la vie publique, mais il y a clairement besoin d’un accompagnement adapté à l’évolution de ses besoins, notamment pour les personnes âgées.

Une ville segmentée

Chaque génération vit pleinement dans son environnement — scolaire, associatif, professionnel — sans toujours croiser les autres. Les échanges entre âges existent, mais de manière ponctuelle, à l’occasion des fêtes ou des événements collectifs.

L’intergénérationnel, qui a longtemps été une évidence, se raréfie dans le quotidien. On peut le regretter, mais le constat est là. Les raisons sont nombreuses et diverses. Les rythmes de vie, les mobilités et les évolutions sociétales séparent davantage qu’autrefois. Mais, pour garantir le lien et la sécurité, notamment des catégories les plus fragiles, cela demande une implication forte de la commune. Il n’y a pas de politique active de la municipalité dans ce domaine. Il s’agit d’une des plus grandes faiblesses de Brumath.

Conclusion – une vitalité à retrouver et à développer

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